mardi 28 mars 2017

La Douleur du Silence - Chronique

"Mais les larmes coulaient en dedans et personne ne pouvait les voir..."

La Douleur du Silence
Marie-Béatrice Ledent
Auto-édition
Ebook - 243 pages

A 13 ans, Martine Croin n'est qu'une jeune fille comme les autres. Contrainte de quitter sa ville et son passé pour le bien de la famille, elle s'apprête à découvrir sa nouvelle école. Devant le changement, elle se sent désarmée et s'enferme dans le silence. Mais ses nouveaux camarades de classe la considèrent comme une proie facile. Pour exorciser sa souffrance, Martine va se trouver un dangereux échappatoire...

Je remercie d'ores et déjà l'auteure pour m'avoir contactée et m'avoir envoyé son roman qui fut une très bonne lecture. Autre genre que On m'a dit mais même sujet : le harcèlement scolaire. Donc, forcément, ce livre devait me toucher, susciter des réactions chez moi car c'est un thème qui me parle et m'intéresse beaucoup.

Martine est ses parents, après un tragique événement, s'établissent à Rouen dans l'espoir d'aller mieux. Mais cela ne va pas vraiment se passer comme prévu : en effet, dans son nouveau collège, la jeune fille devient rapidement le bouc émissaire de sa classe. Les autres lui font du mal mais elle-même s'y met, se faisant du "bien" par ce qui le semble être le seul échappatoire pourtant dangereux.

Pauvre Martine, pauvre adolescente de 13 ans... La vie ne lui fait de cadeaux et pourtant, elle est incroyablement forte. C'est aussi la bonté incarnée : elle est gentille, ne veut contredire personne pour ne pas vexer ou blesser. Elle ne sait pas encore dire non, pensant à autrui d'abord, puis à elle ensuite. Elle ne sait pas encore affirmer, ce qui est un peu dû à son âge : elle reste jeune, il ne faut pas l'oublier et elle devrait avoir tout le temps d'évoluer et de se construire... En tout cas, je me souviens que je ne savais pas m'affirmer (et je suis restée incapable de le faire un bon moment) et que, d'être comme ça, ça peut faire mal. Du coup, je me suis plutôt bien attachée à elle, ayant envie de l'aider à grandir au plus vite. Pourtant, une sorte de "filtre" faisait que je ne me prenais pas toutes ses émotions, surtout les plus violentes, en pleine face. Ou du moins, je ne les ressentais pas à fond : on reste surtout un témoin qui pourrait l'aider. Mais qui ne peut pas.

"Pour être capable d'aimer et surtout, d'accepter l'amour de l'autre, il faut d'abord être capable s'aimer soi-même. Tant que tu auras envie de te faire du mal, tant que tu ne t'estimeras pas, tu ne pourras accueillir les bonnes choses qui se présenteront à toi."

Et ce "filtre", je pense que c'est la narration et la plume agréable de l'auteure qui l'ont installé. En effet, la narration se fait à la 3ème personne et, même si on suit principalement Martine, parfois on connaît les pensées de sa mère ou des autres personnes de sa classe, tortionnaires ou non. Du coup, cette narration fait qu'on est touché ou scandalisé par moments, mais il y a encore ce "filtre" qui fait qu'on reste assez objectifs et donc, attentifs à tous les éléments de l'histoire pour en comprendre tous les enjeux.

Attention, cela ne veut pas dire que l'on reste insensible et indifférent à ce qu'il se passe. A des moments, j'étais révoltée, touchée, dégoûtée, remplie d'espoir... On a envie de donner des baffes à certains par exemple ! Qu'ils soient adultes ou enfants d'ailleurs... En parlant de ces autres personnages, j'ai peut-être trouvé que certains étaient stéréotypés : il y a une ou deux surprises mais l'ensemble est assez manichéen et on sait du coup, dès qu'ils apparaissent, le rôle qu'ils vont plus ou moins tenir.

"Parfois, les solutions aux problèmes sont les plus simples et nous crève les yeux... Il suffit juste de parler."

Maintenant, grâce à ce juste mélange objectivité/émotions, on peut se rendre compte de ce que peut être le harcèlement et c'est pour ça que je conseillerai ce livre. Il montre une des formes qu'il peut prendre mais aussi les sentiments que peut ressentir la victime (car on réagit tous différemment, il est difficile, voire impossible, de dire que, quand on est harcelé, on ressent telle ou telle chose) et la réaction de l'entourage (que j'ai eu très envie de secouer et qui m'a, en général, exaspérée, même si je me doute bien qu'il est compliqué de discerner le problème et d'agir en conséquence). Ce roman témoigne donc plutôt bien des dangers de tout ça, de cette sorte de "bizutage" dans lequel se lancent les jeunes de cet âge. Mais surtout, n'oubliez pas que, même plus âgés, ils peuvent faire de même. La méchanceté, la naïveté ou je ne sais quoi n'a pas d'âge. Bref.

Jusqu'à la fin, il se passe des choses qu'on n'attend pas forcément et qui nous surprennent pour le coup, dans le bon sens ou dans le mauvais. L'épilogue, quant à lui, est aussi surprenant et montre ce qui devrait être fait bien plus souvent et dans bien plus de lieux.

C'est donc une très bonne lecture. Forcément, comme tous les autres livres bien faits sur le harcèlement, je vous le conseille vraiment. C'est important de lire ce genre de choses, ça ouvre les yeux sur la forme que ce mal et toutes ses conséquences peuvent prendre...

vendredi 17 mars 2017

Jeff Madison, tome 2 - Chronique

"Rien n'avait encore essayé de le manger... ou pire de l'embrasser."

Jeff Madison, tome 2 : Jeff Madison et la malédiction de Drakwood
Bernice Fisher
Auto-édition
Ebook et broché - 307 pages

Jeff Madison – attrapeur de rêves, ami fidèle et adolescent intrépide – doit sauver son meilleur ami Rhed d’un sort dévastateur qui lui a été lancé lors de leur dernière visite à Drakmere. Mais depuis ce sombre royaume, deux sorcières maléfiques libèrent sur eux leurs horreurs innommables. Jeff peut-il vaincre les affreuses criatures de Wiedzma et les spectrifiés mangeurs d’hommes de Zorka ? Alors que les criatures de Wiedzma menacent la famille de Jeff et que les zombies de Zorka réclament leur sang, la malédiction de Rhed met sa vie en danger… le temps lui est compté. En mettant à profit ses dons d’attrapeur de rêves pour sauver ses amis qui ont entrepris le voyage vers la forêt de Drakwood à la recherche d’un remède pour Rhed, Jeff s’enfonce sans le savoir dans les ténèbres profondes. Dans cette nouvelle aventure fantastique pleine d’action, nous retrouvons les courageux guerriers sandustiens, Rig et Madgwick, accompagnés de la sorcière Angie, hilarante et bougonne, et nous faisons la connaissance des nouveaux guerriers Khrow et Horrigan, ainsi que de Watroc, un dragon affamé. En fin de compte, c’est à Angie que reviendra la tâche de négocier pour la vie de Rhed. Réussira-t-elle ou Rhed sera-t-il abandonné à jamais auprès du prince de la forêt de Drakwood ?


C'est avec plaisir que j'ai reçu le tome 2 des aventures Jeff et de ses camarades. Et, comme pour le premier tome, j'ai adoré ma lecture ! Encore merci à Laure Valentin, la traductrice, pour l'envoi !
 
Vous souvenez-vous de Rhed ? Mais si, ce garçon aux dreadlocks, ami de Jeff... Ça y est, vous vous souvenez ? Et bah voilà, tout ce qui va se passer dans ce tome est à cause de lui : adopté par un arbre, il commence à le devenir lui-même ! Du coup, ni une ni deux, Jeff  s'envoie à Drakmere grâce à ses pouvoirs. Et ses amis ne peuvent s'empêcher de faire de même, allant vers des ennuis fort probables. Et si cela leur permettrait de retrouver la petite troupe de guerriers accompagnés d'une sorcière qu'ils affectionnent tous autant... Rien que l'idée me plaît !

J'ai donc retrouvé avec joie tous ces personnages qui m'ont une fois de plus beaucoup plu ! On en découvre même d'autres, faisant peur ou faisant rire, sans pour autant s'y perdre. Ainsi, on a un mélange d'ancien et de nouveau, ça ne peut qu'aller ! En plus, chacun d'entre eux, méchants ou gentils, sont hauts en couleurs et, je trouve, plutôt bien travaillés dans l'ensemble.

Mais je n'ai pas pu m'empêcher de porter mon dévolu sur Angie, la petite sorcière sympathique et puissante. Je crois bien que c'est l'un des meilleurs personnages. C'est une personnalité unique et excentrique que je vous invite à découvrir. Elle est haute en couleurs, vive, joyeuse et rigolote ! C'est une jeune femme que l'on ne peut qu'apprécier. Bref, c'est une jolie personnalité lumineuse dans un monde de ténèbres et d'ombres...

"Les brutes, ce sont les gens qui font du mal aux autres pour le plaisir, comme Grzegorz et Wiedzma. Mais ils finissent toujours par recevoir ce qu'ils méritent au bout du compte."

L'action démarre très rapidement. Et ça s'enchaîne, ça s'enchaîne, ça s'enchaîne. Il n'y a quasiment aucun moment de répit.  Surtout au début, on sent qu'un truc pas cool du tout va arriver. Et quand ce truc pas cool arrive, on espère juste ne pas le revoir de sitôt ! On vit donc l'action auprès des personnages, parfois totalement surpris de la tournure des événements.

D'ailleurs, tout comme les événements, l'univers reste empreint de cette originalité qui m'avait tellement plu dans le tome 1. Sincèrement, j'ai eu l'impression de sauter dans un univers fantastique à la manière d'Alice au pays des merveilles ! Mais bon, il y a des choses beaucoup plus sombres, plus dangereuses dans cette univers magique surprenant. Comme il reste la multitude de points de vue et la multitude des actions, on en découvre encore plus, plus rapidement.

Je pense enfin que la traduction est très bien faite car cela nous semble très fluide à lire et très agréable. J'ai retrouvé la petite touche addictive de la plume de l'auteure, si bien qu'on a du mal à arrêter, surtout quand l'action est laissée en suspens à un moment critique. D'ailleurs, j'ai gardé quelques descriptions de personnages de côté que je trouvais très bien faites et inspirantes.

En conclusion, on peut dire que ce tome 2 m'a autant convaincue que le tome 1 : univers, personnages, action, tout y est ! C'est donc bien évidemment une excellente lecture !

mardi 14 mars 2017

Phobos, tome 3 - Chronique

"Vous savez, jeune femme, une émission de télé-réalité, ce n'est pas la réalité."

Phobos, tome 3
Victor Dixen
Collection R - Robert Laffont
Broché et ebook - 620 pages

Fin du programme Genesis dans
1 mois...
1 jour...
1 heure...
Ils sont prêts à mentir pour sauver leur peau
.
Ils sont les douze naufragés de Mars.
Ils sont aussi les complices d'un effroyable mensonge.
Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.
Elle est prête à mourir pour sauver le monde.
 Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ? Même si le compte à rebours expire, il est trop tard pour renoncer.


Attention, décollage immédiat vers une chronique pleine de louanges !

Dans notre monde super connecté, j'ai essayé d'esquiver tous les avis, toutes les publications en rapport avec ce tome 3 dès sa sortie. En effet, je ne voulais rien savoir, rien espérer ou m'attendre à quelque chose avant de commencer cette lecture. Et quelle lecture fut-elle ! Je suis encore pleine d'excitation et d'enthousiasme lorsque j'en parle, ce qui la marque du coup de cœur astronomique que j'ai eu pour ce livre. Vous aviez aimé les précédents ?  Vous verrez, c'est encore mieux ici !

On embarque donc une nouvelle fois dans cette histoire de dingues, de conquête spatiale, d'amour, de manipulation, de politique, de téléréalité... La liste est longue mais c'est irrémédiablement l'un des points forts du livre : quelque soit l'aspect exploité, il est travaillé de manière extrêmement précise et surtout, en laissant de côté tout les stéréotypes ou ce qui se fait habituellement, créant ainsi la surprise chez le lecteur.

Et de la surprise, il y en a ! Vous vouliez encore des révélations ? Vous allez être servis ! Dans ce tome, des rebondissements ne cessent de ponctuer votre lecture. Le pire, c'est que la plupart sont des choses totalement abracadabrantes, improbables, incroyables et pourtant, vous êtes tout de suite convaincus, sans aucun soupçon, doute ou réticence. Ce Victor Dixen a donc bien de l'or dans les doigts et est expert dans la manipulation des mots (et du lecteur).

Car oui, jamais vous ne serez sur la bonne voie. Et ça, oh que oui, ça, ça va jouer avec vos émotions ! Ce livre, ce sont de véritables montagnes russes émotionnelles. J'ai tout ressenti, absolument tout. J'ai été énervée, triste, joyeuse, dépitée, amoureuse, stressée... Et encore plein d'autres émotions se sont emparées de moi. Je passais véritablement de l'un à l'autre, parfois en une fraction de seconde. Exemple : je passais du "Yeeeeeeessss, bien fait pour sa poire !" au "Ooooh mais c'est trooop mignonnnn !" ou au "Nonnnnnnnnnnnn.... *dead*". Bref, l'auteur joue avec vos nerfs et parfois,  vous vous échafaudez des plans qui sont encore plus sadiques que les siens. Ce livre rend dingue, clairement.

"De toutes les voiles dont disposent les humains pour naviguer au gré de l'existence, celles du cœur sont les plus difficiles à orienter, et peut-être est-ce impossible."
 
De plus, l'histoire se déroule dans un cadre extrêmement bien ficelé. Je ne vais parler ici que de l'aspect politique/diplomatique, mais sachez que le reste est tout aussi bien travaillé... Bref, cet aspect politique/diplomatique est, dans ce tome, accentué à X1000000000 par rapport aux autres tomes. Et ça en devient presque effrayant, vraiment. On ne vas pas rentrer dans la paranoïa mais ce qui n'est pas rassurant, c'est que l'on arrive à faire des ponts entre notre société et celle dépeinte dans le livre. C'est quelque chose de malade, ce qui accentue notre intérêt et nos sentiments envers la société fictive, nous permettant d'analyser celle que l'on connaît. Je vais sans doute loin en disant cela mais j'ai vraiment réfléchi sur notre monde à travers cette fiction... Et je m'autorise à vous en parler car deux amies étaient d'accord avec moi.

Et je pense que tout cela n'est possible que si la plume de Victor Dixen est experte. C'est le cas : il maîtrise les mots, le suspense, tout. En plus, c'est tellement bien écrit... Tout de suite, on replonge dans l'univers et l'histoire. Il y a une quantité folle de beaux passages, si bien que j'ai dû me retenir de mettre tout le temps des post-it, sans quoi, mon livre ressemblerait à présent à un hérisson bien enrobé !

"Le petit feu follet roux qui suit son propre chemin, même dans le spectacle le mieux rodé."
 
La seule chose dont je n'ai pas parlé, ce sont des personnages. Léonor, Serena, Marcus, Harmony, Andrew et tous les autres, eux tous m'ont aussi rendue folle. Il y a ceux que j'adore d'amour (heart heart heart sur vous ♥) et ceux que je déteste. Mais que j'adore détester... Aucun ne nous laisse vraiment indifférent, tous nous surprennent à un moment donné. Et tous autant qu'ils sont, ils sont tous très bien approfondis.

Maintenant (promis, je m'arrête après), la fin est assez particulière. Déjà, tout comme le roman, elle joue avec nos nerfs, c'est certain. Ensuite, elle finit d'une telle façon que cela pourrait en gêner certains. Moi, personnellement, non. Je n'ose pas trop détailler, j'ai peur que cela gâche votre lecture... En tout cas, je trouve que l'auteur a eu raison de prendre ce parti. Je reste tout de même curieuse de voir ce qu'il va se passer dans le prochain livre... 

Bref, ce livre est un coup de cœur intergalactique. Je pourrais encore en parler longtemps (et aller très loin dans des délires, mais ce sont sans doute des séquelles de ma lecture...). Je crois que ce tome surpasse les deux autres qui étaient déjà de très grande qualité. C'est donc la preuve que, cette série, est à découvrir et que je l'aime d'amour ♥

vendredi 10 mars 2017

Le Joueur d'échecs - Chronique

Le Joueur d'échecs
Stefan Zweig
Le Livre de Poche Jeunesse
90 pages
 
À bord d’un paquebot, deux inconnus s’affrontent lors d’une partie d’échecs. L’un d’eux n’est autre que Czentovic, homme d’origine modeste, mais champion du monde en titre. Le second est un énigmatique aristocrate... Le narrateur, intelligent et fin psychologue, découvre alors, au fil d’une partie toute en rebondissements, le passé de ces deux génies, et comprend qu’une partie d’échecs se joue autant sur l’échiquier, qu’en dehors.
 

C'est en lisant Lettre d'une inconnue que je suis tombée amoureuse de la plume de Stefan Zweig. En effet, c'est une nouvelle qui m'avait énormément touchée. En toute logique, j'ai donc voulu retenter l'aventure qui se conclut d'une excellente manière puisque j'ai également adoré Le Joueur d'échecs...

L'action se déroule au cour d'une traversée maritime : là, sur ce paquebot, deux hommes vont s'affronter aux échecs. Tandis que l'un en est champion du monde, l'autre est totalement inconnu du public mais, pour autant, ce dernier est un adversaire redoutable...

D'un côté, on a Czentovic, qui, excusez-moi, ne paraît pas très intéressant : il est certes extrêmement doué aux échecs vu qu'il en est le champion du monde mais ce n'est absolument pas un homme que j'aimerais côtoyer. L’appât du gain est l'une des seuls choses qui semble véritablement l'intéresser hormis la discipline où il excelle. Je n'ai donc éprouvé aucune forme d'attachement ou de compassion pour lui...
 
Au contraire, j'ai énormément aimé son adversaire : cet inconnu dont on apprend petit à petit l'histoire m'a passionnée. D'abord, l'histoire, ou plutôt l'enfer, qu'il a vécu nous oblige à éprouver de la compassion pour lui. Ensuite, sur l'aspect psychologique, il est très intéressant. Sa manière de fonctionner est captivante. Et puis, j'ai beaucoup aimé la modestie et la sympathie qu'il témoignait envers le narrateur.
 
Ce dernier m'a plutôt bien plu également : on ignore beaucoup de choses de lui, hormis sa curiosité. Du coup, dire que je me suis attachée à lui serait exagéré. Mais les fois où il intervient véritablement, je l'ai trouvé agréable et convaincant.

Étant donné qu'il s'agit d'une nouvelle portant sur une partie d'échecs, vous vous douterez bien qu'il n'y a pas des actions abracadabrantes, ni de l'action pure et dure. Non, ici, ce qui prévaut c'est surtout l'étude des deux esprits des joueurs : il n'y a pas à dire, ils sont diamétralement opposés. Mais comment se fait-il qu'ils soient tous deux aussi bons joueurs à un jeu qui nécessite une très grande réflexion dont peu peuvent témoigner ? Tout est expliqué, petit à petit, il suffit juste d'être un peu patient. Des choses anodines ont, en fait, toute leur importance... Au final, j'ai été captivée par l'histoire des deux individus. Ce sentiment captivant s'est du coup retrouvé lorsque les deux esprits s'opposaient, lorsque la partie d'échecs a débuté, partie dont on suit chaque mouvement.

D'ailleurs, l'histoire de l'inconnu m'a fascinée, interrogée, dégoûtée. Ce qu'il a vécu est extrêmement fort, on a tellement envie de savoir la fin que l'on ne se rend pas compte du nombre de pages tournées. On se rend également compte à quel point les hommes savent bien faire pour avoir ce qu'ils souhaitent, pour faire mal...

Enfin, la plume de Stefan Zweig m'a encore énormément plu. Elle retranscrit avec efficacité, exactitude et de manière prenante les sentiments des personnages sans que cela ne devienne larmoyant. Il reste en effet toujours une petite distance qui nous permet de rester quasiment objectifs et de suivre assidument le récit pour n'en rater aucun aspect, horrible ou non.

Ainsi, c'est une excellente lecture ! J'ai été ravie de replonger le nez dans un écrit de Stefan Zweif dont j'aime beaucoup la plume et la manière de traiter les échecs d'un point de vue quasiment que psychologique.

mardi 7 mars 2017

Bilan du mois (27) - Février 2017

 
Allez, c'est parti pour le bilan du mois ! Quelles ont été mes lectures ? Ai-je eu des coups de cœur ? Des déceptions ? Les réponses à ces questions et à plein d'autres, c'est ici...
 
 Le mois en bref :

Un mois au top du top...
Autant j'avais mal commencé l'année, autant ce mois de février a été génial ♥ Plein de bonnes choses sont arrivées ! J'ai passé notamment de très bons moments avec des amis, avec mon cousin de 3 ans... Et puis, je sais surtout où je vais l'an prochain ! J'ai réussi un concours/test d'admission et vais donc aller en école de communication et de traduction, à l'ISIT ! Je crois que ça s'apparentait à un rêve pour moi : depuis un an, je ne pensais qu'à cette école et à ce qu'elle proposait. Du coup, j'espère que je ne serais pas déçue !
Et sinon, si j'ai l'occasion, je me lance dans la danse l'an prochain ! Pour la petite histoire, j'ai eu un trimestre de danse au lycée : n'ayant jamais fait de danse, les gens pensaient que j'en faisais et m'ont fait pas mal de compliments. Pour le coup, ça me booste bien et me donne confiance en moi...
Bref, vous aurez compris, ce mois a été assez chargé en émotions. Et j'ai donc laissé une nouvelle fois le blog de côté : j'ai publié plus d'articles qu'en janvier mais pas autant que ce que je souhaitais... Mais promis, j'essaye de me reprendre ce mois-ci, même s'il risque d'être chargé aussi. D'ailleurs, je ne sais pas quand, je risque de vous faire un petit sondage avec des questions, tout ça tout ça, pour savoir ce que vous aimez, aimeriez, etc pour le blog et ce qu'il deviendra courant juillet/août je pense.
Pour finir, je suis plutôt contente du résultat livresque : j'ai bien lu (même si 9 BD se glissent dans le bilan...) et mes lectures sont pour la plupart bonnes, voire très bonnes !

Mes lectures :

15 livres lus et 1 en cours :
Phobos, tome 3 #Coupde♥
Le joueur d'échecs #Excellentelecture
Oedipe Roi #Bonnelecture #Relecture
Divine attraction, tome 1 : Il est mon attraction #Lecturemitigée
Jeff Madison, tome 2 : Jeff Madison et la malédiction de Drakwood #Excellentelecture
La Rose écarlate, tomes 3 à 12 #BD #Relectures #Nouveautés #Excellenteslectures
Le lion #Lectureencours
 
1501 pages lues !

Les articles publiés :

5 publications

Dont 4 chroniques :

Et un article sur La Kube ici !

Les statistiques du mois :

429 pages vues
131 visiteurs uniques
86 abonnés

Bon mois de mars à vous !

vendredi 3 mars 2017

Divine Attraction, tome 1 - Chronique

"L'amour a toujours été ma force, mon envie, ma faiblesse."


Divine Attraction, tome 1 : Il est mon attraction
Maddy Facchin
Numeriklivres
136 pages

Un vieux manuscrit intitulé "Le Grimoire de Magie Grecque". Ce dernier a été créé pour enfermer les âmes mortelles par les dieux. Le manuscrit libère les âmes quand leurs âmes sœurs touchent le grimoire. 
Amélia est une libraire seule et sans expérience. Elle adore la littérature sentimentale et rêve secrètement d'être l'héroïne d'une de ces histoires romantiques. Alors qu'elle s'affaire à ranger les rayons de la librairie, elle découvre le vieux grimoire. Quand elle le touche, un homme nu en sort. Sa rencontre avec cet homme venu de nul part va bouleverser a jamais son existence. C'est pour elle, le commencement d'une grande aventure, mais surtout le début de son apprentissage : l'homme mystérieux va lui apprendre tout ce qu'il connait de l'amour... Encore faudrait-il que les dieux ne viennent pas , une nouvelle fois, tout remettre en question.


Pour le coup, le titre est bien trouvé... Le livre m'a attirée tout de suite : j'adore, j'adore et j'adore cette couverture ! Dès que Maddy Facchin me l'a présentée, j'en suis tombée raide dingue... Et puis, vu le résumé, j'ai eu encore plus envie de le découvrir, ce que l'auteure m'a gentiment proposé : merci à toi !

Amélia n'aurait jamais pu se l'imaginer : c'est grâce à sa passion des livres que sa vie va prendre un tout autre tournant. En effet, son âme sœur, Vince, sort lui-même d'un ouvrage. Bon, quand elle le rencontre, il est nu, totalement nu, mais ceci n'est qu'un détail puisque, tout de suite, une attraction lie ces deux personnages. La passion amoureuse et charnelle s'empare alors d'eux et leur fait oublier l'origine-même de Vince : condamné par les dieux à vivre dans ce livre maudit, ces derniers le laisseront-ils tranquille ?

Dès les premières pages, on découvre Amélia, ses goûts et sa vie. Et vous savez quoi ? C'est une passionnée de lecture, comme moi, comme vous sans doute si vous lisez cet article ! Du coup, ça nous a tout de suite rapprochées. Cette passion est très bien mise en valeur par l'auteure, ce qui n'est pas souvent le cas pour beaucoup d'autres livres (alors que leur personnage principal sont censés aimer lire). Ici, cette jeune femme expose son ressenti face à un livre, comment elle fait pour choisir ses lectures (clin d'oeil aux chroniques surprenant et bien apprécié), le jugement des autres auquel elle est exposé, etc. Bref, je l'ai tout de suite beaucoup aimé. 
Par la suite, ce que je ressentais pour elle s'est un peu terni (même si je continuais à l'apprécier) vu qu'à certains moments, elle était un peu plus naïve et disait des choses qui ne me plaisaient que moyennement... Mais peut-être sont-ce des effets de l'amour ?

"Voir des livres maltraités est une vraie torture. Je le sais. C'est pathétique et ridicule pour beaucoup, mais, pour moi, les romans c'est une passion. Je les respecte. Je suis amoureuse des livres."

Vince, quant à lui, ne m'a malheureusement pas autant convaincue. C'était le parfait coureur de jupons, objet de désir de nombreuses femmes. Or, on voit bien qu'il a changé aux côtés d'Amélia mais qu'il reste tout de même un homme désiré et très sensuel. On voit qu'il a l'habitude de charmer, de parler aux femmes. J'ai trouvé que ces paroles étaient très "mécaniques", peu vraisemblables. J'aurais aimé le voir un peu plus humain, comme il peut apparaître ici ou là.

Vous pouvez donc voir, qu'au niveau des personnages, le bilan est assez mitigé. Malheureusement, cela s'est prolongé sur l'histoire-même et certaines choses m'ont laissée perplexe alors que d'autres m'ont beaucoup plu. Pourquoi ? Je m'attendais à quelque chose, ce qui a beaucoup joué...

Le côté passionnel, amoureux et érotique est bien fait, il n'y a aucun doute. J'aurais sans doute aimer voir les sentiments amoureux exprimés un peu plus souvent autrement qu'au travers des parties de jambes en l'air... Mais c'est quelque chose qui est caractéristique du roman érotique (je crois) : l'amour se dit donc beaucoup par la passion charnelle. Et c'est le cas ici.

"La vérité, c'est que ma vie ressemble à ces films de western : l'image caractéristique du désert avec la fameuse petite boule de poussière qui parcourt un long chemin. Seule, elle erre. Terriblement seule."
 
Par contre, j'en attendais beaucoup plus du côté mythologique. Je l'ai trouvé trop tardivement exploité et aurais aimé qu'il soit un peu plus au cœur du roman. Après, ce qui est montré avec cette histoire de dieux ici est intéressant, ce qui m'a un peu frustrée car j'aurais aimé en savoir beaucoup plus.

C'est un court roman, très bien pour se détendre et passer un bon moment. Mais j'ai trouvé que la toute fin était un peu trop expéditive... J'espère que tout ça sera développé dans le second tome que j'ai quand même envie de lire. En effet, l'épilogue annonce le début des problèmes : on dirait que la suite promet...

Je vais finir par le meilleur : la plume de Maddy Facchin. J'aime beaucoup sa manière d'écrire. Elle écrit de très belles choses sur l'amour qu'il soit porté envers quelqu'un ou envers une discipline, un loisir. Sauf quand Vince parlait, j'ai trouvé que c'était très vivant, très véridique et vraisemblable. L'auteure arrive aussi à capter très rapidement notre attention.

C'est donc une lecture mitigée pour ma part. Je m'attendais sûrement à autre chose. Du coup, alors que la romance m'a plutôt bien convaincue, l'aspect mythologique peu exploité a créé la déception et m'a laissée sur ma faim. Le second tome me tente pourtant bien, ce qu'annonce l'épilogue...