mardi 23 mai 2017

Le lion - Chronique

"Rideau après rideau, la terre ouvrait son théâtre pour les jeux du jour et du monde."

Le lion
Joseph Kessel
Gallimard - Folio
256 pages

Le grand Parc Royal s’étend au pied du Kilimandjaro. Patricia, dix ans, vit en toute familiarité avec les bêtes sauvages de ce vaste territoire. Le maître de la savane en personne, le lion King, se transforme avec elle en gros chat débonnaire! Il est vrai que Patricia, fille de John Bullit, grand chasseur repenti et gouverneur de la réserve, a recueilli et nourri King au biberon, alors qu’il n’était qu’un lionceau aveugle et sans défense. 


Léna Bubi (que vous connaissez tous j'espère... Quoi ? Non ? Dépêchez-vous d'appuyer ici et que ça saute !) m'a énormément parlé de ce livre qu'elle avait beaucoup aimé (son avis ici). J'espérais donc apprécier tout autant... Et ce ne fut pas véritablement le cas. Et plus le temps passe, plus je me dis que cette lecture est mitigée.

Une "amitié" entre le plus majestueux des animaux et une petite fille, pensez-vous que cela soit possible ? C'est pourtant ce phénomène que va constater le narrateur durant son voyage dans une des réserves britanniques d'Afrique. Rivalités, découvertes, amitiés : beaucoup de choses vont nous être rapportées dans ce livre.

Dans L’Équipage, roman sur la Première Guerre Mondiale du même auteur, je n'avais pas vraiment accroché ni aux personnages, ni à sa plume. Cependant, j'avais bien aimé le milieu dans lequel l'histoire se déroulait. Ici, c'est exactement la même chose, je vais vous expliquer tout de suite pourquoi...

Tout d'abord, je n'ai ressenti aucune sympathie pour les personnages. Patricia, l'enfant amie-du-lion, m'a clairement agacée. Il me semble qu'elle ne vit pas que des choses agréables et est très souvent incomprise, certes. Mais cela n'explique pas tout. J'ai réellement eu l'impression de côtoyer une enfant pourrie gâtée (au niveau du comportement, surtout : elle vit très simplement sinon). C'est simple : si cela ne va pas dans son sens, cela ne va pas ! Non, franchement, ce n'est pas un personnage auquel je me suis attachée. Cette froideur que j'ai éprouvée à son égard, je la ressens très rarement pour vous dire à quel point elle ne m'a pas interpellée dans le bon sens. Je n'avais donc pas plus envie que ça de la côtoyer plus que ça et j'ai été déçue de la rencontrer alors que je me l'imaginais plus humble par exemple.

Les autres personnages ne m'ont pas plu non plus. Hormis sa mère, un petit peu : j'ai en fait ressenti de la compassion, voire de la pitié, pour cette femme qui semble carrément être un alien au milieu de cette savane.

Il faut dire que la manière de penser de certains personnages n'a pas aidé : leur comportement possessif vis-à-vis des animaux, de l'espace ou encore des hommes m'a clairement révoltée à certains moments. Seulement, c'est sûr, cela est essentiel pour le contexte. Je ne suis pas une professionnelle de la période mais je pense que ce roman se passe pendant la longue période de la colonisation : la mentalité des personnages concorde donc. Cela aurait fait beaucoup moins véridique si ces derniers avaient été tout gentils, tout mignons...

"Il est des hommes, lorsqu'on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu'exigent à l'ordinaire les règles de politesse, n'ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu'ils vous y attirent aussitôt."

Le contexte et l'environnement m'ont, eux, beaucoup plu. J'ai eu l'impression de revenir quelques années en arrière et de connaître cette savane africaine qui m'est pourtant totalement inconnue. Les descriptions sont donc efficaces, nous immergeant totalement dans cet espace exotique. On pourrait dire que c'est un appel au voyage et à la découverte, idées véhiculées par le narrateur.

D'ailleurs, de ce narrateur, on ne sait rien, ce qui déstabilise pas mal au début. Autant je n'accroche pas plus que ça à la plume de Kessel, autant j'ai fini par apprécier la narration : on s'y fait rapidement et elle aide clairement à bien plonger dans cet univers.

Enfin, évoquons cette amitié folle entre Patricia et ce lion qu'on ne peut, lui, qu'aimer. J'en avais beaucoup d'attente mais ai été déçue. Je ne sais pas si on peut parler d'amitié, d'amour pour caractériser les attitudes du lion envers Patricia : si cela est possible, c'est ce que doit sans doute ressentir cet animal, c'est vraiment touchant. Par contre, venant de Patricia... J'ai du mal à appeler ça "amitié". Au final, je pense très sincèrement qu'elle aime ce lion, ça se ressent parfois. Mais la façon dont elle peut le traiter m'a un peu énervée, exaspérée. Je n'ai donc malheureusement pas réussi à trouver leur histoire touchante pour laquelle je ne ressens qu'un sentiment très ambivalent.

Ainsi, c'est une lecture mitigée. Peut-être en attendais-je trop, peut-être m'attendais-je à vraiment être touchée. Même si le contexte et le décor sont très bien dressés, cela n'a pas été le cas : la quasi-totalité des personnages ne m'ont pas touchée et la plume de l'auteur ne m'a pas enivrée...

3 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout mais je ne suis pas sûre d’être tentée :/

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  2. Ce livre me tentait pas mal (je crois que c'est surtout à cause du lion sur la couverture et du titre puisque c'est mon animal préféré ^^) mais dommage que tu sois mitigée avec cette lecture.

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  3. Dommage pour cette déception :/ c'est étrange, ce livre est dans ma pal depuis des années et des années, il a l'air intéressant, mais je fais un blocage dessus x) je finirai bien par le lire !

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